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« De fondement, nul n’en peut en poser d’autre que celui qui s’y trouve, c’est-à-dire Jésus-Christ. » (1 Co 3,11)

Nous savons – car on nous l’a répété de nombreuses fois - que l’Institution Thérésienne, c’est Jésus-Christ, car il en est l’inspirateur, le soutien, l’alpha et l’oméga, le chemin, tout en somme. Comme le dit saint Paul aux Corinthiens : personne, quelle que soit son autorité, sa science ou sa force d’âme, ne peut ni ne pourra jamais bâtir sur d’autre fondement que celui qui a été posé au commencement, à savoir Jésus-Christ. Voilà ce qu’est notre Association, voilà ce que nous professons : fondée dans et par le Christ, elle n’a à se prévaloir de personne d’autre, sous aucun prétexte. Son avancée consiste à rechercher son identification au Christ, sa seule force est de s’abandonner à lui, sa vie est d’avoir part à la sienne.

Méditons cela pour nous faire une idée exacte de ce que nous sommes. Nous avons compris que Jésus-Christ était le seul fondement sur lequel il nous fallait bâtir ce magnifique édifice spirituel. Et si telle est notre conviction rien ne pourra nous décourager de mener à bien cette entreprise : ni notre pauvreté matérielle, ni notre petit nombre…

C’est en Jésus-Christ que réside notre confiance. Aussi disons-nous avec saint Paul : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Le travail d’annonce de l’Évangile que nous cherchons à réaliser doit être identique à ce que les premiers chrétiens ont imaginé. Nos moyens seront ceux qu’ils ont mis en œuvre, même si nous devons passer pour fous et attirer sur nous la haine. C’est pourquoi l’Institution Thérésienne perdrait son identité si on voulait un jour lui ôter sa dimension spirituelle, ne serait-ce qu’en partie, ou si, pour un prétexte ou un autre, on cherchait à lui donner une assise humaine, reposant sur le talent, la richesse, la considération des autres, la prudence. Si nous acceptions de telles innovations, nous ne serions plus nous-mêmes.

Notre référence doit toujours être ce que le Christ a enseigné, ce que les apôtres nous ont transmis et que l’Église annonce par toute la terre. La sainteté que nous désirons pour nous-mêmes et pour les autres nous vient avant tout de la grâce de Dieu. Nos moyens, qu’ils paraissent sages et acceptables ou non, doivent être ceux que le Christ nous a laissés : la prière, la pénitence, les sacrements, l’oubli de soi, le travail, le respect des lois. Nous n’inventons pas la foi, et notre façon d’agir, nos méthodes sont très simples. Elles consistent à nous demander : « Que fit le Christ en telle situation ? Qu’attend-t-il de nous en telle circonstance ? » En croyant et agissant ainsi, nous laissons à Dieu le soin de tout le reste et nous demeurons en paix, sans nous inquiéter des résultats, sans prétendre au succès ni rejeter les échecs. (1922)